Une information publiée par la commune de Chabons
Au soir du 31 Décembre, une page de l'histoire de la commune de Chabons s'est refermée. En effet, le docteur Jean-Yves Ronflet a cessé définitivement son activité commencée le 1er avril 1974.

Il prenait alors la succession du docteur Paul Rey dont la personnalité et le travail extraordinaire accompli en 49 ans de carrière lui ont inspiré le plus profond respect..
La commune de Chabons mit à sa disposition un logement au-dessus de la mairie pour y créer un cabinet médical .Les huit premières années furent très dures puisque l'entière responsabilité des malades reposaient sur lui-seul : pas de SMUR à Bourgoin et Voiron, hospitalisations à Voiron ou Bourgoin peu coutumières. Les gardes étaient très contraignantes « je n'avais de liberté que du Samedi minuit au Dimanche minuit J
Son activité au centre de secours local lui a occupé également une grande partie de son temps. Huit ans plus tard il créait legroupe médical auquel il tint à donner le nom de son prédécesseur. L'arrivée du docteur Goudard allait permettre d'élargir l'offre médicale et d'alléger le rythme effréné des gardes.
Soucieux de se tenir continuellement à jour dans le domaine professionnel et de se perfectionner dans sa pratique, il sera un des premiers à utiliser l'électrocardiogramme et le doppler. « Sans une condition physique hors du commun, je n'aurais pu exercer mon métier comme je l'entendais avec des semaines de 75 à 82 heures hebdomadaires ! » reconnaît volontiers Jean-Yves Ronflet.Je passais mon jour de congé hebdomadaire à l'hôpital.
Beaucoup de moments d'émotion, de peines, de joies également auront jalonné ce parcours professionnel éprouvant avec parfois des situations inattendues comme cette nuit où il lui aura fallu laisser la voiture et faire 500 m à pied dans la neige jusqu'à mi-cuisses, la sacoche sur l'épaule pour se rendre chez un patient au hameau de l'Arête à Biol le Haut ou bien encore des consultations improvisées de patients inquiets alors qu'il faisait tranquillement ses courses dans un Supermarché ! et cette nuit passée au chevet de Mr Prudhomme, victime d'un OAP, au sortir d'une réunion de Pompiers. A l'époque, avec le Bon Repos de Burcin qui recrutait beaucoup de cardiaques âgés, il fallait effectuer des saignées par voie jugulaire ou fémorale, à raison de deux par mois, en moyenne.
Un double sentiment l'envahit lorsqu'il évoque son départ : « Je suis content de m'arrêter car je suis fatigué mais j'appréhende fortement le dernier jour et ma dernière consultation : « J'ai consacré ma vie à soigner des malades et après, que ferai-je ? »
Ses deux enfants, Théotime et Joris, tous deux étudiants en médecine, en parlent avec admiration et respect, soulignant son professionnalisme et sa dimension humaine. :visiblement l'heure du départ les rend fébriles de même que beaucoup de patients qui viennent jusqu' à trois fois par semaine au cabinet comme s'ils n'acceptaient pas l'échéance.
Jean-Yves Ronflet va maintenant partir vers d'autres horizons : vivre en Bretagne, la patrie de ses aïeux, auprès de sa chère maman, revenir à intervalles réguliers en Isère et profiter de ses enfants auprès desquels il pourra enfin passer plus de temps : « Ma vie familiale en a tellement pâti » reconnaît-il. Cet homme perfectionniste, qui aura tant aimé ses patients, manquera énormément à Chabons.
Au revoir, Monsieur le docteur !
LIRE LA REPONSE DU DOCTEUR RONFLET :
A tous les patients qui m'ont fait confiance au long de mes 37 années d'exercice, à tous ceux qui m'ont témoigné leur reconnaissance, leur amitié, à tous ceux qui n'ont pas osé ou qui ne savaient comment l'exprimer, à tous les autres également, je voudrais ici dire ma gratitude , les remercier du fond du coeur ; c'est la plus belle récompense dont vous ayez pu m'honorer. J'ai beaucoup travaillé et me suis investi dans ma profession qui a été pour moi un sacerdoce, sans ménager ma peine et au mieux de mes possibilités. J'aurais voulu être Dieu le père, ne riez pas... non par orgueil ou pour être glorifié mais simplement pour vous guérir de vos souffrances. A 22 ans, devant toute la souffrance que je découvrais dans les hôpitaux, j'aurais voulu donner ma vie pour soulager la misère du monde. Je n'ai été qu'un médecin de campagne comme tant d'autres ; j'ai aimé mon métier, je vous ai aimés. A ceux qui restent je souhaite une vie douce et heureuse pleine de lumière et de sérénité ; je vous embrasse chaleureusement. Imo pectore Dr RONFLET JY
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